Aller au contenu
TEKMEO
Tous les articles

L'électricité manque, et c'est la turbine qui encaisse d'avance

Google s'engage pour vingt ans auprès d'un producteur nucléaire américain, et la demande d'électricité monte partout dans le monde. Le courant manque. Qui touchera la valeur : celui qui produit l'électron, ou ceux qui fabriquent les turbines, les transformateurs et les câbles qu'on attend des années ?

Un rotor de turbine aux ailettes de cuivre, suspendu à des élingues sous la verrière d'une usine, vu d'en bas
Image générée par IA

« Dans la chaîne qui va de l'électron au token, l'électron représente à peu près 10 % 12 du coût total. »

Arthur Mensch, cofondateur et directeur général de Mistral AI, devant une commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le 12 mai 2026

Par cette phrase, il chiffrait la part de l'électricité dans le coût de l'intelligence artificielle. Le token est l'unité de texte que produit un modèle ; l'électron, le courant qui fait tourner ses serveurs. Il en tirait une mise en garde : si l'Europe se contente de fournir l'énergie, « 90 % 12 de la valeur partira ailleurs », selon le compte rendu.

Cinq mois plus tard, le 6 octobre 2026, Google signe avec Constellation Energy, grand producteur d'électricité américain. Le contrat lui réserve pour quinze ans le courant de centrales qui tournent déjà, et pour vingt ans 890 MW 19 de puissance nouvelle : le mégawatt mesure ce qu'une centrale fournit à un instant. Elle viendra de réacteurs nucléaires existants, que Constellation modifiera pour qu'ils produisent davantage. Le communiqué ne dit pas le prix.

Le géant du numérique s'engage pour deux décennies, mais c'est le producteur qui construit. Le contrat pose, sur toute la chaîne électrique, la question de Mensch : quand l'électricité manque, qui touche la valeur ? On peut soutenir que c'est celui qui possède la centrale, l'actif rare. Nous pensons que ce sont d'abord ceux qui vendent ce qui manque pour produire, transporter et consommer ce courant (la turbine, le transformateur, le câble), parce qu'ils se font payer plus cher, et avant de livrer.

Chaque région a son moteur : le data center en Amérique, le transport en Europe, les usines et les bâtiments ailleurs

La demande d'électricité va croître, partout. Mais ce qui la tire change d'une région à l'autre, et ce n'est pas toujours l'intelligence artificielle. Pour savoir qui encaissera la hausse, il faut d'abord savoir d'où elle vient, et où le courant manque vraiment.

Au monde, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit une hausse d'environ 5 400 TWh 13 de 2025 à 2030, soit 19,1 % 1·13 de la demande de 2025 telle qu'elle la mesurait en février, selon notre calcul. Un térawattheure vaut un milliard de kilowattheures. La Chine en fera près de la moitié 1 d'ici 2030.

Les data centers n'en prennent qu'une petite part : 8,6 % 13 de la hausse mondiale, selon notre calcul sur les prévisions de l'AIE. L'industrie et les bâtiments, climatisation et pompes à chaleur comprises, en font chacun bien davantage.

Aux États-Unis, l'ordre s'inverse : les data centers font 47,8 % 14 de la hausse, selon notre calcul sur les mêmes prévisions. Dans l'Union européenne, le premier moteur est le transport, à mesure que les voitures passent à l'électricité : 38,4 % 15 de la hausse.

Aux États-Unis, les data centers tirent la hausse ; ailleurs, d'autres usages

Hausse de la consommation d'électricité d'ici 2030, par usage ; États-Unis, Union européenne et monde.

La part de chaque usage dans la hausse de la consommation d'électricité de 2025 à 2030, selon les prévisions de l'AIE. Dans chaque région, la part la plus forte est détachée du camembert : les bâtiments dans le monde, les data centers aux États-Unis, le transport dans l'Union européenne.

Monde5 394 TWh de hausse

Bâtiments : 40,5 %

États-Unis425,9 TWh de hausse

Data centers : 47,8 %

Union européenne295,3 TWh de hausse

Transport : 38,4 %

  • Industrie
  • Bâtiments
  • Transport
  • Data centers
  • Autres

Bâtiments : la climatisation, les pompes à chaleur et les autres usages des logements et des bureaux. Transport : surtout la voiture électrique. TWh, le térawattheure : il compte l'électricité comme le kilowattheure d'une facture, mais à l'échelle d'un pays. Les parts se lisent dans la hausse de chaque région, et non dans sa consommation totale.

Part dans la hausseMondeÉtats-UnisUnion européenne
Industrie36,5 %14,7 %16,7 %
Bâtiments (climatisation, pompes à chaleur et autres usages)40,5 %20,8 %31,4 %
Transport11,5 %13,7 %38,4 %
Data centers8,6 %47,8 %11,9 %
Autres2,8 %3 %1,6 %

Trois camemberts, le monde, les États-Unis et l'Union européenne, avec les mêmes usages dans le même ordre et une seule légende ; dans chaque camembert, la part la plus forte de la hausse est détachée du disque : les bâtiments au monde, les data centers aux États-Unis, le transport dans l'Union européenne. Les angles sont calculés par un script depuis les valeurs.

Sources (3)

Agence internationale de l'énergie (AIE), Electricity 2026 — Executive summary (graphiques « Global electricity total demand growth by sector and end-use, 2015-2030 » et « Global electricity demand total growth by region, 2015-2030 ») (6 février 2026) · Agence internationale de l'énergie (AIE), Electricity demand growth by sector and end-use in the United States, 2015-2030 (6 février 2026) · Agence internationale de l'énergie (AIE), Electricity demand growth by sector and end-use in the European Union, 2015-2030 (6 février 2026).

Derrière ces data centers américains, il y a d'abord les géants du cloud. Alphabet, Amazon et Microsoft prévoient 595 milliards de dollars 84·85·86 de dépenses d'investissement en 2026, selon leurs propres prévisions, financées à crédit comme nous l'écrivions le 2 octobre. Une part de ces dépenses devient, en bout de chaîne, la commande de l'industrie électrique américaine.

Cette industrie se lit en trois temps. Produire : le combustible, les machines, les centrales. Transporter : les réseaux, les transformateurs, les câbles. Consommer : les data centers, la climatisation, la recharge. Le schéma de la chaîne montre qui vend à qui, et les trois maillons où la machine manque.

Dans la chaîne de l'électricité, turbine, transformateur et câble manquent

Délais d'obtention d'une turbine à gaz et d'un transformateur, dans le monde, en 2026.

Le courant descend la ligne, de la centrale à l'usage. À chaque étape, l'entreprise qui fait le travail achète ce qu'il lui faut à des fournisseurs. Sur fond cuivre, les machines qui manquent, avec le délai pour les obtenir quand il est connu.

  1. Produire

    Les centrales, chez le producteur, comme Constellation

    Ce qu'il achète

    • Le combustibleCameco, qui extrait l'uranium
    • La turbine à gazGE Vernova, Siemens EnergyManque : environ 5 ans d'attente

    Le courant est vendu à terme ou par contrat long ↓

  2. Transporter

    Le réseau, chez le gestionnaire, comme Elia, qui gère le réseau belge et une partie de l'allemand

    Ce qu'il achète

    • Le transformateurHitachi EnergyManque : 2 ans à 3 ans d'attente
    • Le câble à haute tensionPrysmianManque

    Le courant est livré au client ↓

  3. Consommer

    Les usages : data centers, bâtiments, recharge

    Ce qu'ils achètent

    • L'équipement du data centerVertiv, qui alimente et refroidit les serveurs
    • La climatisationCarrier, qui fabrique le climatiseur

Machine qui manque : elle s'attend des années, selon l'AIE. Le délai de la turbine est un ordre de grandeur. Le câble manque aussi, mais son délai n'est pas chiffré ici. Une entreprise n'est nommée que si l'article en parle ; d'autres vendent les mêmes machines.

Une ligne numérotée de trois étapes que le courant descend, produire, transporter et consommer ; à chaque étape, l'entreprise qui fait le travail, puis ce qu'elle achète et à qui ; trois achats, la turbine à gaz, le transformateur et le câble à haute tension, sont sur fond cuivre comme des machines qui manquent.

Sources (2)

Agence internationale de l'énergie (AIE), étude 16 avril 2026 · Constellation Energy, communiqué 2026.

La hausse est donc acquise, et ses trois répartitions montrent que chaque région a son moteur. L'électricité manque là où les data centers se branchent ; le premier à en profiter devrait être celui qui la produit.

Le producteur gagne, mais lentement : son électricité est vendue des années à l'avance

Celui qui produit l'électricité possède l'actif qui manque : une centrale qui tourne déjà, branchée là où les data centers veulent se raccorder. Il profite de la pénurie, mais à son rythme. Son courant est vendu des années à l'avance, et pour en produire davantage, c'est lui qui avance l'argent.

La rareté est réelle, et elle a un prix. PJM, le gestionnaire du plus grand réseau électrique américain, paie les centrales pour qu'elles restent disponibles aux heures les plus chargées : c'est le prix de capacité. Une enchère le fixe pour une année à venir, dite de livraison, et PJM le fait payer aux clients du réseau. Entre les années de livraison 2024/2025 et 2026/2027, il a été multiplié par 11,4 5·6, jusqu'au plafond fixé par le régulateur fédéral, selon les rapports d'enchères de PJM. L'historique des enchères montre ce saut, puis le palier.

Le prix de capacité de PJM s'envole, puis reste au plafond

Prix de l'enchère de capacité de PJM hors de ses deux zones les plus chères, quatre années de livraison successives.

  1. Les clientspaient sur leur facture
  2. PJMfixe le prix et reverse
  3. Les centralesrestent disponibles

Prix de capacité, en dollars par mégawatt disponible et par jour, pour chaque année de livraison

  1. 28,92 $ par MW et par jourLivraison 2024–2025enchère de 2023
  2. 269,92 $ par MW et par jourLivraison 2025–2026enchère du 30 juillet 2024
  3. 329,17 $ par MW et par jourplafondLivraison 2026–2027enchère du 22 juillet 2025
  4. 333,44 $ par MW et par jourplafondLivraison 2027–2028enchère du 17 décembre 2025

Le prix de capacité : ce que PJM, le gestionnaire du plus grand réseau électrique américain, paie aux centrales pour qu'elles restent disponibles aux heures les plus chargées. Une enchère le fixe à l'avance pour une année de livraison. Au plafond : le prix maximal autorisé pour l'enchère par le régulateur fédéral, la FERC. Chaque prix est celui de la région entière ; pour la livraison 2025–2026, deux zones ont payé plus.

En haut, un circuit de trois cases reliées par des flèches : les clients paient sur leur facture, PJM fixe le prix et reverse, les centrales restent disponibles. Dessous, quatre colonnes, une par année de livraison avec la date de l'enchère, de hauteur proportionnelle au prix : la première presque nulle, la deuxième haute, les deux dernières, au plafond fixé par le régulateur, en cuivre et à pleine hauteur.

Sources (5)

PJM Interconnection, étude 30 juillet 2024 · PJM Interconnection, étude 14 juillet 2026 · Monitoring Analytics (moniteur indépendant du marché de PJM), étude 22 janvier 2026 · PJM Interconnection, étude 22 juillet 2025 · PJM Interconnection, étude 17 décembre 2025.

Le client, lui, peut payer. Dans le modèle d'un data center d'intelligence artificielle d'un gigawatt publié en mai 2026 par l'institut Epoch AI, l'énergie ne pèse qu'environ 7 % 11 du coût complet annuel, serveurs compris, selon notre calcul. Arthur Mensch, sur un périmètre plus large, donnait pour l'électron un ordre de grandeur voisin. Nous en concluons que payer son courant plus cher ne remet pas le projet en cause.

Constellation, le producteur du contrat avec Google, l'inscrit dans ses prévisions. Le groupe attend une hausse de 36,9 % 21 à 54,8 % 21 de l'argent qui lui restera une fois ses centrales entretenues, avant ses projets de croissance (son « flux disponible avant croissance »), entre 2026-2027 et 2028-2029, selon sa présentation d'août 2026. La mesure est propre à la société : la pénurie enrichit le producteur, mais plus tard.

Si l'électricité manque, pourquoi les producteurs ne la vendent-ils pas plus cher tout de suite ? Parce qu'elle est déjà vendue. Un producteur vend à terme : il fixe dès aujourd'hui le prix de sa production future, pour se protéger d'une baisse. Début août 2026, Vistra, autre grand producteur américain, avait déjà vendu environ 94 % 22 de sa production de 2027, selon son communiqué du deuxième trimestre. Ses ventes à terme, année par année, montrent que la hausse des prix ne l'atteindra qu'au fil des renouvellements.

Vistra a vendu d'avance presque toute sa production jusqu'en 2027

Part de la production de Vistra déjà vendue à terme, de 2026 à 2028.

94 %de la production de l'année suivante déjà vendue par Vistra

En gras : chiffre cité dans le texte.

en %

PériodeValeur
2026100 %
202794 %
202872 %
Sources (1)

Vistra, communiqué T2 2026.

Le prix des contrats signés avec les géants du numérique n'est publié nulle part. On sait en revanche qui paie la construction. Pour le contrat avec Google, Constellation annonce plus de 4,3 milliards de dollars 19 d'investissement, selon son communiqué du 6 octobre 2026. Le client s'engage pour vingt ans, et le producteur dépense d'abord.

Le combustible obéit à la même règle. Au premier semestre 2026, le prix de l'uranium au comptant, celui d'une livraison immédiate, a monté de 25 % 54 sur un an. Celui qu'a obtenu Cameco, le producteur canadien, n'a progressé que de 12 % 54 : ses contrats longs plafonnent ce qu'elle encaisse, selon son rapport de gestion.

Celui qui possède une centrale est donc payé, mais tard, et après avoir avancé l'argent. Or les centrales qui existent ne suffiront pas : reste à savoir d'où viendra l'électricité de plus.

Le soleil et le vent ajoutent de l'énergie, mais la pointe se tient au gaz : la turbine redevient la machine qu'on attend

Un data center consomme jour et nuit ; le soleil, lui, se couche. L'énergie se compte sur l'année, en térawattheures ; la puissance, à l'instant, en mégawatts ou en gigawatts, qui en valent mille. Un réseau se dimensionne sur la puissance de l'heure la plus chargée, la pointe, et non sur la moyenne : c'est là que l'électricité manque, et la machine qui la tient, la turbine à gaz, s'attend des années.

Sur l'année, l'électricité de plus viendra surtout du soleil et du vent : ils font 83,8 % 13 de la hausse nette de la production mondiale de 2025 à 2030, selon notre calcul sur les prévisions de l'AIE. Le gaz progresse aussi, dans le monde comme aux États-Unis, où l'AIE compte d'abord sur lui, puis sur le solaire, pour répondre à la demande nouvelle.

Pourquoi construire des centrales à gaz si le soleil ne coûte rien ? Parce qu'il ne produit pas à la demande : la pointe peut tomber un soir d'hiver, quand il ne brille plus. C'est cette heure-là que rémunère le prix de capacité de PJM. Dans la puissance que PJM a retenue par sa dernière enchère, pour 2028/2029, le gaz pèse 46 % 91, et le solaire 1 % 91, selon son communiqué. L'énergie qui s'ajoute et la puissance qui tient la pointe, côte à côte, ne racontent pas la même histoire.

Le soleil et le vent apportent l'énergie, le gaz tient la pointe

Production mondiale d'électricité ajoutée par source de 2025 à 2030, et capacité retenue par l'enchère de PJM.

L'énergie de plus, sur l'année : le soleil et le vent

Variation de la production mondiale d'électricité de 2025 à 2030, par source, selon les prévisions de l'AIE. La production nette monte de 5 873,6 TWh ; le soleil et le vent en font 83,8 % de la hausse nette.

  • Solaire+3 157,7 TWh
  • Éolien+1 767,3 TWh
  • Gaz+926,3 TWh
  • Nucléaire+428,9 TWh
  • Hydraulique+247,4 TWh
  • Autres renouvelables+152,1 TWh
  • Autres non renouvelables−330,5 TWh
  • Charbon−475,7 TWh

La puissance qui tient la pointe : le gaz

Part de chaque source dans la puissance que PJM, le plus grand réseau américain, a retenue par son enchère pour l'année de livraison 2028/2029 : celle qu'il compte disponible aux heures les plus chargées.

  • Gaz46 %
  • Nucléaire20 %
  • Charbon18 %
  • Effacement de consommation5 %
  • Hydraulique4 %
  • Éolien2 %
  • Fioul2 %
  • Solaire1 %

Deux mesures, deux échelles. En haut, de l'énergie produite sur l'année, en térawattheures ; en bas, de la puissance disponible à la pointe, en part du total. Elles ne se comparent pas barre à barre. Effacement : des clients payés pour consommer moins aux heures chargées. Les parts publiées par PJM sont arrondies, et leur somme n'atteint pas tout à fait le total : la bande garde ce petit vide. Une même couleur par famille dans les deux blocs : les renouvelables, le nucléaire, le charbon, le fioul et les autres sources non renouvelables, l'effacement, et le gaz en accent.

Deux blocs aux mesures différentes : en haut, des barres de part et d'autre d'un axe zéro, une par source, pour l'électricité produite en plus ou en moins dans le monde, le solaire et l'éolien très loin devant ; en bas, une bande découpée en parts pour la puissance retenue à la pointe par PJM, dont le gaz occupe près de la moitié ; le gaz est en couleur dans les deux blocs.

Sources (2)

Agence internationale de l'énergie (AIE), étude 2030 · PJM Interconnection, étude 14 juillet 2026.

Pour tenir cette pointe, le monde commande des turbines à gaz comme il ne l'avait pas fait depuis 25 ans 3. Les commandes ont monté de 70 % 83 en 2025, selon l'AIE : leur volume dépasse ce que les grands fabricants produisent en un an. Il faut environ 5 ans 3 pour recevoir une turbine. Face à la capacité des fabricants, les commandes montrent une file qui s'allonge.

Les commandes de turbines à gaz débordent ce que les fabricants produisent

Turbines à gaz commandées dans le monde en 2024 et 2025, dont pour les data centers, et capacité des fabricants en 2026.

Turbines à gaz commandées dans le monde, en gigawatts de puissance, selon l'AIE, face à ce que les grands fabricants savent produire en un an. Une même échelle pour les deux années.

2024 78,1 GW data centers 10,2 GWautres usages 67,9 GW
2025 133,1 GW data centers 32,3 GW, soit 24,3 % des commandesautres usages 100,8 GW

Ce que les grands fabricants produisent en un an : de 50 GW à 60 GW

Deux mesures différentes, que l'AIE rapproche elle-même. Les commandes sont passées dans l'année ; la capacité est ce que les usines livrent par an. Quand les commandes dépassent la capacité, la file d'attente s'allonge. Data centers : les commandes que l'AIE associe à des data centers, dans le monde entier. La capacité d'un seul fabricant se lit à part : celle que publie Siemens Energy compte aussi les turbines à vapeur des cycles combinés, qui récupèrent la chaleur de la turbine à gaz.

Deux barres horizontales sur une même échelle, une par année, découpées entre les commandes associées aux data centers et celles des autres usages ; deux traits pointillés en couleur marquent ce que les grands fabricants produisent en un an, que la barre de la seconde année dépasse largement.

Sources (3)

Agence internationale de l'énergie (AIE), étude 16 avril 2026 · Siemens Energy, présentation T3 2025 · Agence internationale de l'énergie (AIE), étude 2026.

Siemens Energy, le fabricant allemand, vit les deux mondes : il fabrique la turbine à gaz et, par sa filiale Siemens Gamesa, l'éolienne. Sa capacité de turbines passe de 17 GW 42 à l'exercice 2024 à plus de 30 GW 42 en moyenne de 2028 à 2030, selon sa présentation aux investisseurs de novembre 2025. Sur l'exercice 2025, sa turbine à gaz gagne de l'argent, son éolien en perd.

Les data centers pressés n'attendent pas tous le réseau. L'AIE estime qu'entre 15 GW 83 et 27 GW 83 de production au gaz installée sur place pourraient les alimenter d'ici 2030, surtout aux États-Unis, « dans un contexte de pénurie de turbines ». Le nucléaire revient aussi, mais lentement : Constellation attend d'ici 2028 la première hausse de puissance prévue par le contrat de Google.

La turbine est donc la machine qu'on attend des années. Et quand le client attend, celui qui la fabrique choisit son prix, et le moment où il se fait payer.

Ceux qui fabriquent ce qui manque sont payés plus cher, et avant de livrer

Quand une machine manque, celui qui la fabrique n'a plus besoin de baisser son prix pour la vendre. Il choisit son client, et se fait payer avant de livrer. Ses marges montent, et ses usines s'agrandissent avec l'argent de ses clients : c'est le point de tout l'article.

La turbine n'est pas la seule machine qu'on attend. Un transformateur, l'appareil qui change la tension du courant entre une ligne à haute tension et le réseau d'un quartier, s'attend en moyenne de 2 ans 3 à 3 ans 3, selon l'Agence internationale de l'énergie. Pour un client pressé, ces délais changent la négociation : il paie d'abord pour réserver sa place dans la file, et le prix passe au second plan.

Un exemple fictif, en chiffres ronds, montre ce que vaut cette place. Une turbine est vendue 100 millions d'euros. Le client verse 30 millions à la signature, une deuxième tranche au lancement de la fabrication, puis le solde à la livraison. Avant que la machine quitte l'usine, le fabricant a déjà reçu 60 millions : il la construit avec l'argent de son client.

Le fabricant touche plus de la moitié du prix avant de livrer

Exemple imaginaire : le calendrier de paiement d'une turbine, de la signature à la livraison.

Chiffres inventés, pour illustrer le mécanisme.

Une compagnie d'électricité commande une turbine à 100 M€. Elle la paie en trois fois, du jour de la commande au jour de la livraison.

Le prix de la turbine, et le moment où chaque part est payée

SignatureFabricationLivraison

60 M€ reçus avant que la turbine sorte de l'usine

  1. Année 0La commande est signéeLe client verse 30 M€. La turbine attend son tour dans la file de l'usine.
  2. Année 3La fabrication commenceLe client verse 30 M€. Cet argent paie des pièces et des ouvriers.
  3. Année 5La turbine sort de l'usineLe client verse le solde, 40 M€, à la livraison.

Exemple fictif : le prix d'une turbine, découpé en trois versements, à la signature, au lancement de la fabrication et à la livraison ; les deux premiers, reçus avant que la turbine sorte de l'usine, en font plus de la moitié.

Cet argent reçu avant de livrer, c'est l'acompte. Dans les comptes, il se range parmi les dettes de l'entreprise (sous le nom de « passifs sur contrats », parfois de « produits différés ») : le fabricant doit encore la machine. L'acompte reste hors du bénéfice ; il est pourtant en caisse, et paie les pièces, les salaires et les usines avant la moindre livraison.

GE Vernova, l'ancienne branche énergie de General Electric, en donne la preuve. La marge de sa division Power, celle des turbines à gaz et des centrales, passe de 9,9 % 34 en 2023 à 14,7 % 34 en 2025, selon son rapport annuel, et elle monte encore au premier semestre 2026, à périmètre comparable.

Les acomptes, eux, se lisent dans le tableau qui suit l'argent entré dans la caisse et l'argent qui en est sorti (le « tableau des flux de trésorerie »). Au premier semestre 2026, GE Vernova en a reçu 13,7 milliards de dollars 36, selon son rapport trimestriel. C'est 128 % 36 de l'argent que son activité a fait entrer (son « flux de trésorerie d'exploitation »), selon notre calcul. Les acomptes pèsent plus que le total, parce que ce total est une différence : tout l'argent entré, moins tout l'argent sorti. Le reste de l'activité, pris ensemble, a fait sortir de l'argent, et les acomptes l'ont plus que compensé. Côte à côte sur deux semestres, les acomptes dépassent chaque fois l'argent de l'activité, mais ont changé d'échelle.

Chez GE Vernova, les acomptes pèsent plus que l'argent de l'activité

Acomptes reçus et flux de trésorerie d'exploitation de GE Vernova, premiers semestres 2025 et 2026.

En millions de dollars, au premier semestre de chaque année.

Premier semestre 2025
Acomptes des clients1 860 M$
Autres lignes de l'activité−332 M$
Argent de l'activité1 528 M$
Premier semestre 2026
Acomptes des clients13 695 M$
Autres lignes de l'activité−3 015 M$
Argent de l'activité10 680 M$

En un an, les acomptes ont été multipliés par 7,4 fois.

Acomptes : surtout de l'argent reçu des clients avant la livraison ou l'entretien. Argent de l'activité : le flux de trésorerie d'exploitation.

Deux petits tableaux, l'un pour le premier semestre 2025, l'autre pour le premier semestre 2026, chacun posé comme une soustraction : les acomptes des clients, moins les autres lignes de l'activité, donnent l'argent de l'activité ; une phrase dessous dit de combien les acomptes ont été multipliés en un an.

Sources (1)

GE Vernova, rapport trimestriel 10-Q 2026-S1.

Le prix suit. Selon son directeur général, les commandes d'équipements gaz du premier semestre 2026 ont été signées à un prix supérieur de plus de 20 % 37 à celles du quatrième trimestre 2025. Et c'est l'argent des clients qui agrandit les usines.

« Le tout financé par les acomptes des clients. »

Scott Strazik, directeur général de GE Vernova, sur l'agrandissement de ses usines de turbines, conférence de résultats du 22 juillet 2026

Les concurrents de GE Vernova et les fabricants des autres pièces rares connaissent le même mouvement. La comparaison des marges montre celles de Mitsubishi Heavy Industries en hausse depuis 2023, celles de Siemens Energy depuis 2024. Hitachi Energy, qui fabrique des transformateurs, a multiplié ses commandes par 2,6 56 en quatre exercices, selon notre calcul sur la présentation de ses résultats ; Prysmian, le fabricant italien de câbles à haute tension, gagne lui aussi de la marge depuis 2024.

La marge monte chez les fabricants de ce qui manque

Marge des segments concernés de cinq fabricants, de 2023 à 2026.

La marge, c'est ce qui reste des ventes une fois payés les coûts de l'activité. Ici, celle de l'activité qui fabrique ce qui manque, chez cinq fabricants. Chaque entreprise publie sa propre mesure, et la nomme à sa façon : on compare la pente, pas le niveau. Toutes les courbes partagent la même échelle, qui part de zéro.

Sur les derniers exercices complets

GE Vernova

Turbines à gaz et centrales

20239,9 % 202412,5 % 202514,7 %

Ce que la société appelle la marge d'EBITDA de sa division Power

Siemens Energy

Turbines à gaz et à vapeur

20239,5 % 20249,5 % 202513 %

Ce que la société appelle la marge avant éléments spéciaux de Gas Services ; exercices clos fin septembre

Mitsubishi Heavy Industries

Turbines et centrales

20238,7 % 202411,3 % 202513 %

Ce que la société appelle la marge du profit d'activité d'Energy Systems ; exercices clos fin mars de l'année suivante, le premier retraité sur le périmètre des deux suivants

Hitachi Energy

Transformateurs et équipements de réseau

20238,5 % 202411,1 % 202513,4 %

Ce que la société appelle la marge d'EBITA ajusté ; exercices clos fin mars de l'année suivante

Prysmian

Câbles à haute tension et sous-marins

202414,5 % 202518,3 %

Ce que la société appelle la marge d'EBITDA ajusté de sa division Transmission, aux prix standard du métal ; suivie à partir de 2024

La marge des turbines monte encore en 2026

Chaque fois, la période la plus récente, comparée à la même période un an plus tôt : un rond vide, puis un rond plein. Les trois rangées partagent la même échelle, qui part de zéro.

  • GE VernovaPremier semestre, à périmètre comparable 14,1 % → 17,6 %
  • Siemens EnergyNeuf premiers mois de l'exercice, à fin juin 14,6 % → 16,6 %
  • Mitsubishi Heavy IndustriesTrimestre d'avril à juin 13,3 % → 18,9 %

Les exercices ne se terminent pas au même moment : fin décembre chez GE Vernova et Prysmian, fin septembre chez Siemens Energy, fin mars chez Mitsubishi Heavy Industries et Hitachi Energy. Une période de quelques mois ne se compare qu'à la même période un an plus tôt, jamais à un exercice entier.

Cinq petites courbes sur une même échelle, une par fabricant, sur les derniers exercices complets, qui finissent toutes plus haut qu'elles ne commencent ; puis, pour les trois fabricants de turbines, la période la plus récente comparée à la même période un an plus tôt, toujours en hausse.

Sources (10)

GE Vernova, rapport annuel 10-K 2025 · GE Vernova, communiqué 2026-S1 · Siemens Energy, communiqué T3 2023 · Siemens Energy, communiqué T3 2025 · Siemens Energy, communiqué T2 2026 · Mitsubishi Heavy Industries, présentation T1 2026 · Mitsubishi Heavy Industries, présentation T2 2026 · Hitachi, présentation T1 2026 · Prysmian, communiqué 2025 · Mitsubishi Heavy Industries, présentation T1 2025.

Être rare et vendre à prix libre paie donc plus cher, et d'avance. Le réseau qui transporte ce courant manque tout autant. Son prix, lui, n'est pas libre.

Le réseau aussi manque, mais il est payé à l'envers : il dépense d'abord, la facture le rembourse ensuite

Un réseau électrique ne choisit pas son prix. Le régulateur lui accorde un rendement sur ce qu'il a investi : plus il construit, plus il gagne, mais seulement une fois l'ouvrage construit et reconnu. La pénurie l'oblige donc à dépenser d'abord, à demander de l'argent à ses actionnaires, et à se rembourser sur des décennies par la facture des ménages.

Sa situation ressemble à celle d'un propriétaire qui construit l'immeuble avant de toucher des loyers fixés par la mairie. Il avance tout ; le loyer, plafonné, le rembourse lentement.

Elia Group, qui gère le réseau à haute tension belge et une partie du réseau allemand, vit ce décalage. En 2025, elle a investi 2,5 fois 29 l'argent que son activité a fait entrer, selon notre calcul sur son rapport annuel. Pour payer, elle a demandé 2,2 milliards d'euros 29 à ses actionnaires, nets de frais, en actions nouvelles. Ses fonds propres, l'argent que les actionnaires ont laissé dans l'entreprise, ont ainsi grossi d'environ la moitié.

Son résultat revenant aux actionnaires n'a progressé que d'environ un tiers 29, selon le même calcul. Le bénéfice se partage donc sur une mise qui a grossi plus vite que lui, et le rendement des fonds propres ajusté recule de 8,37 % 29 à 7,29 %, selon son rapport annuel. Le réseau grandit, et l'actionnaire paie la croissance avant d'en toucher le fruit. D'autres réseaux vivent le même décalage : leur comparaison montre qu'Elia et National Grid investissent plus qu'ils n'encaissent, et que trois grands réseaux européens ont levé des actions.

Elia et National Grid investissent plus qu'ils n'encaissent, et lèvent des actions

Investissements rapportés à la trésorerie d'exploitation et actions émises ; Elia Group, National Grid et Iberdrola.

Ils investissent plus que l'argent que leur activité fait entrer

Ce que chaque réseau a investi sur son dernier exercice, rapporté à l'argent que son activité a fait entrer. Au-delà du trait, il investit plus qu'il n'encaisse.

Elia GroupExercice 2025 2,5 fois
National GridExercice clos fin mars 2026 1,3 fois

Le trait : le réseau investit autant qu'il encaisse.

Et ils demandent de l'argent à leurs actionnaires

Actions nouvelles émises par trois grands réseaux européens, chacun dans sa monnaie. Les montants ne se comparent pas entre eux.

  • Elia Group2,2 Md€En 2025, nets de frais
  • National Grid6,8 Md£Exercice clos fin mars 2025 (augmentation de capital de mai 2024), nets de frais
  • Iberdrola5 Md€Juillet 2025, montant encaissé à l'émission

Ce que chacun investit, et ce qu'il encaisse. Elia : les investissements qui entrent dans sa base d'actifs régulés, rapportés à sa trésorerie d'exploitation. National Grid : ses achats d'immobilisations, nets de cessions, rapportés à la trésorerie que génère son activité avant impôt payé. Les deux mesures ne sont pas identiques, et les exercices ne tombent pas aux mêmes dates. Iberdrola n'est pas dans le premier bloc : sur son exercice 2025, elle n'a pas investi plus qu'elle n'encaissait, selon sa propre mesure. Son montant est tiré des comptes de la société mère.

En haut, deux barres horizontales, une par réseau, qui dépassent toutes deux un trait pointillé marquant le point où le réseau investit autant qu'il encaisse ; en bas, trois tuiles, une par réseau, avec le montant des actions nouvelles émises dans sa monnaie, sans échelle commune.

Sources (4)

National Grid, communiqué T1 2026 · Iberdrola, communiqué 2025 · Elia Group, rapport annuel 2025 · Iberdrola, dépôt réglementaire 2025.

Au bout du compte, c'est la facture qui rembourse. Au Royaume-Uni, Ofgem, le régulateur, chiffre à environ 108 livres 30 la hausse des charges de réseau sur la facture d'un ménage d'ici 2031, gaz et électricité ensemble, et à 30 livres 30 par an une fois déduites les économies attendues. Aux États-Unis, selon le moniteur indépendant du marché de PJM, la charge des data centers a ajouté environ 23,1 milliards de dollars 7 aux recettes du marché de capacité sur trois enchères, une somme versée aux centrales et que paient les clients du réseau.

Rare et à prix libre, on est payé d'avance ; rare et à prix fixé, on avance l'argent. Restent ceux qui ne vendent rien de rare, mais vendent à la croissance elle-même.

Vendre à la croissance ne suffit pas : le climatiseur grandit avec le data center, sa marge recule

Les usages qui tirent la hausse (climatisation, refroidissement des data centers, recharge, stockage) semblent la meilleure place : leurs fabricants vendent à la croissance elle-même. Mais vendre plus ne suffit pas. Sur le même marché, celui qui vend une pièce rare se fait payer d'avance, et celui qui vend un produit courant voit sa marge reculer.

Carrier Global, le fabricant américain de climatiseurs, en est l'exemple. Ses ventes aux data centers, environ 1 milliard de dollars 69 en 2025, devraient atteindre environ 2 milliards 69 en 2026, selon la prévision relevée par la société en juillet ; elles montent depuis 2024.

Sa marge recule pourtant. La marge opérationnelle ajustée de tout le groupe, ce qui reste des ventes une fois payés les coûts de l'activité, hors éléments exceptionnels, passe de 17,8 % 68 à 14,4 % 68 entre les premiers semestres 2025 et 2026, selon ses communiqués. La direction l'explique par le coût de ses matières et composants, et par une part plus forte de produits moins rentables.

Vertiv vend aux mêmes data centers leurs équipements électriques et de refroidissement. Au premier semestre 2026, la hausse des acomptes de ses clients pèse 97,6 % 62 de l'argent que son activité a fait entrer, le même total que chez GE Vernova, selon notre calcul sur son rapport trimestriel. Carrier et Vertiv, mis côte à côte, montrent deux façons de vendre au même marché : l'un grandit et voit sa marge reculer, l'autre se fait payer avant de livrer.

Carrier vend plus aux data centers, sa marge recule ; Vertiv encaisse d'avance

Ventes aux data centers et marge de Carrier Global, acomptes de Vertiv, de 2024 à 2026.

Deux fournisseurs des mêmes data centers, deux mesures différentes : chacune a sa propre échelle, qui part de zéro.

Carrierclimatiseurs et refroidissement

Ses ventes aux data centers doublentpar exercice, montants arrondis par la société

0,5 Md$ 1 Md$ 2 Md$
2024 2025 2026prévision

Sa marge reculemarge opérationnelle ajustée de tout le groupe, au premier semestre

17,8 % 14,4 %
2025 2026

Vertivéquipements électriques et de refroidissement

Ses clients paient d'avancepremier semestre 2026, même échelle pour les deux barres

  • Hausse des acomptes1 822,7 M$
  • Argent de l'activité1 866,6 M$

La hausse des acomptes pèse 97,6 % de cet argent

La marge de Carrier est celle de tout le groupe, pas de ses seules ventes aux data centers ; la direction explique son recul par le coût des matières et des produits moins rentables. Hausse des acomptes : ce que les clients ont versé d'avance en plus sur le semestre. Argent de l'activité : le flux de trésorerie d'exploitation.

Deux encarts. Pour Carrier, trois colonnes de ventes aux data centers qui doublent chaque année, la dernière en pointillé parce qu'elle est prévue, puis deux colonnes de marge du groupe, la seconde sous le trait du premier semestre précédent. Pour Vertiv, deux barres sur une même échelle, presque aussi longues l'une que l'autre : la hausse des acomptes des clients sur le semestre, en cuivre, et l'argent que l'activité a fait entrer.

Sources (3)

Vertiv, rapport trimestriel 10-Q T2 2026 · Carrier Global, communiqué T2 2026 · Carrier Global, présentation T2 2026.

Un acompte n'est pas un bénéfice : pourquoi compte-t-il autant ? Parce qu'un client ne paie d'avance que ce qu'il craint de ne pas obtenir. L'acompte mesure la rareté mieux que la croissance : un climatiseur se trouve, une pièce rare se réserve. Le tableau du verdict range selon cette grille onze entreprises de l'article.

La démonstration tient tant que ce qui manque continue de manquer. Or les fabricants de turbines ont déjà connu une pénurie, et sa fin.

Les acomptes se retournent quand les commandes cessent, General Electric l'a vécu en 2002

L'argument le plus fort contre notre lecture est simple : une pénurie de machines a une fin, comme tout cycle. Tant que les commandes affluent, les acomptes nouveaux dépassent ce que le fabricant livre, et l'argent entre. Quand elles s'arrêtent, il faut livrer des machines déjà payées sans recevoir de nouvel acompte : l'argent sort, avec un temps de retard.

General Electric l'a vécu. Au tableau de ses flux, les acomptes passent de +3,4 milliards de dollars 51 en 2001 à −5,1 milliards 51 en 2002 : au lieu d'entrer, l'argent sort. La même année, les commandes de sa division Power Systems reculent de 42 % 50·51, selon notre calcul sur ses rapports annuels.

L'argent que l'activité fait entrer recule alors de 41,3 % 51, selon notre calcul sur les mêmes rapports. L'histoire des acomptes de General Electric montre ce retournement.

En 2002, les commandes chutent et les acomptes de General Electric ressortent

Acomptes reçus et commandes de Power Systems chez General Electric, 2001 et 2002.

Les acomptes des clients

2001+3 446 M$l'argent entre

2002−5 062 M$l'argent ressort

Au même moment, de 2001 à 2002

  • Commandes de Power Systems24,5 Md$ puis 14,2 Md$−42 %
  • Argent de l'activité17 197 M$ puis 10 097 M$−41,3 %

Acomptes : l'argent que les clients versent avant la livraison, surtout ceux de Power Systems (turbines, entretien, éolien, pétrole-gaz). Argent de l'activité : le flux de trésorerie d'exploitation. General Electric hors services financiers ; commandes selon le rapport annuel de 2002.

Deux cartes face à face pour les acomptes des clients, l'année d'avant, où l'argent entre, et l'année du retournement, en cuivre, où il ressort ; dessous, deux lignes donnent le montant d'avant, celui d'après et la baisse des commandes de Power Systems et de l'argent de l'activité.

Sources (2)

General Electric, rapport annuel 10-K 2001 · General Electric, rapport annuel 10-K 2002.

Le doute vient aussi des fabricants. Eisaku Ito, le patron de Mitsubishi Heavy Industries, voit une demande mondiale d'environ 70 GW 49 de turbines par an sur cinq ans, et récuse les 100 GW 49 que d'autres prévoient.

Chez Nexans, fabricant français de câbles, le cycle a déjà un avant-goût. L'entreprise prévoit l'argent qui lui restera en 2026 une fois ses investissements payés (son « flux de trésorerie disponible ») ; elle donne une fourchette, qu'elle a pourtant revue à la hausse en juillet. Même relevée, son milieu reste inférieur de 18,6 % 60·61 au chiffre de 2025, selon notre calcul sur ses communiqués. C'est que 2025 avait été gonflé par des acomptes exceptionnellement élevés, reçus pour des câbles à haute tension.

L'objection n'explique pas tout. Plus de 90 % 13 de la hausse mondiale vient d'ailleurs que des data centers, selon notre calcul sur les prévisions de l'AIE, comme le montraient les trois répartitions du début : une déception sur l'intelligence artificielle n'efface ni les usines, ni les bâtiments, ni le transport européen. Chez GE Vernova, les clients traditionnels font environ 80 % 37 des gigawatts de turbines sous contrat, les data centers environ 20 % 37, selon sa conférence de résultats de juillet.

GE Vernova agrandit aussi ses usines avec mesure : sa cadence passe de 20 GW 35 par an à 30 GW 37 visés en 2030, avec l'argent de ses clients, selon ses résultats du 22 juillet 2026.

L'objection dit comment lire la pénurie, sans dire quand elle finira. Si elle se retourne, la ligne des acomptes le montrera la première.

La hausse paie d'abord ce qui manque

La hausse de la demande paie d'abord ce qui manque : les fabricants de turbines, de transformateurs et de câbles, et le fabricant d'équipements pour data centers qui se fait payer avant de livrer, encaissent la croissance avant ceux qui vendent l'électron.

Deux signes nous donneraient tort. Les acomptes de GE Vernova pourraient devenir négatifs sur un semestre, comme ceux de General Electric en 2002 : elle livrerait alors plus de machines déjà payées qu'elle ne recevrait d'acomptes nouveaux. Le chiffre se lit dans le tableau des flux de trésorerie, sur la ligne des acomptes, dont l'intitulé anglais commence par « Increase (decrease) in contract liabilities ». Ou la marge de Carrier pourrait remonter à mesure que ses ventes aux data centers grandissent : la croissance seule paierait alors. Le rapport annuel 2026, pour le second semestre, le dira.

Les plus solides de cette chaîne sont GE Vernova, Hitachi Energy et Prysmian, qui fabriquent ce qui manque, et Vertiv, payé d'avance au bout de la chaîne ; Constellation reste un producteur solide, payé plus lentement, et le tableau dit, pour ces cinq-là, ce qu'il faut suivre. La part de l'électron dont parlait Arthur Mensch dépendra de la durée de la pénurie, et les acomptes de GE Vernova la diront avant le prix de l'électricité.

Ceux qui vendent ce qui manque encaissent d'abord ; le climatiseur subit

Onze sociétés de la chaîne de l'électricité, d'après leurs comptes de 2021 à 2026 et leurs prévisions.

Les cinq que nomme le verdict, avec ce qu'il faut suivre.

Encaisse, souvent d'avanceVend ce qui manque, souvent payée avant de livrer

  • GE VernovaTurbines à gazAcomptes : 128,2 % de l'argent de l'activitépremier semestre 2026À suivre : ses acomptes
  • Siemens EnergyTurbines à gazMarge du gaz : 9,5 % → 13 %exercices 2023 → 2025
  • Hitachi EnergyTransformateursCommandes : ×2,6exercices 2021 → 2025À suivre : ses commandes
  • PrysmianCâblesMarge de la transmission : 14,5 % → 18,3 %2024 → 2025À suivre : cette marge
  • NexansCâblesFlux disponible prévu : −18,6 %2026, comparé à 2025Baisse attendue : des acomptes exceptionnels ont gonflé 2025
  • VertivData centerAcomptes : 97,6 % de l'argent de l'activitépremier semestre 2026À suivre : ses acomptes

Encaisse plus tardA vendu à l'avance ce qui manque

  • ConstellationProductionFlux prévu en hausse de 36,9 % à 54,8 %2028-2029, comparé à 2026-2027À suivre : l'argent qui reste et ses contrats
  • VistraProductionProduction déjà vendue : environ 94 %celle de 2027, début août 2026
  • CamecoUraniumPrix obtenu : +12 %, prix au comptant : +25 %premier semestre 2026, sur un an

FinancePrix fixé par le régulateur : avance l'argent

  • Elia GroupRéseauInvestit 2,5 fois l'argent de l'activité2025

SubitVend sans rien de rare : sa marge ne suit pas

  • Carrier GlobalClimatisationMarge du groupe : 17,8 % → 14,4 %premiers semestres 2025 → 2026

Des cartes regroupées en quatre places selon ce que la hausse fait à chaque entreprise : encaisse, souvent d'avance ; encaisse plus tard ; finance ; subit. Chaque carte donne le maillon, un chiffre et sa période ; les cinq entreprises que nomme le verdict portent un point cuivre et ce qu'il faut suivre.

Sources (16)

Constellation Energy, communiqué 2026 · Constellation Energy, présentation T2 2026 · Vistra, communiqué T2 2026 · Elia Group, rapport annuel 2025 · GE Vernova, rapport annuel 10-K 2025 · GE Vernova, rapport trimestriel 10-Q 2026-S1 · Siemens Energy, communiqué T3 2023 · Siemens Energy, communiqué T3 2025 · Cameco, communiqué 2026-S1 · Hitachi, présentation T1 2026 · Prysmian, communiqué 2025 · Nexans, communiqué 2025 · Nexans, communiqué 2026-S1 · Vertiv, rapport trimestriel 10-Q T2 2026 · Carrier Global, communiqué T2 2026 · Carrier Global, présentation T2 2026.

IAArticle réalisé avec l'assistance de l'IA. Contenu descriptif : ne constitue pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée.

Sources

  1. 1Electricity 2026 — Analysis and forecast to 2030Agence internationale de l'énergie (AIE) · 6 février 2026
  2. 2Electricity Mid-Year Update 2026Agence internationale de l'énergie (AIE) · 23 juillet 2026
  3. 3Key Questions on Energy and AIAgence internationale de l'énergie (AIE) · 16 avril 2026
  4. 4Separating Fact from Fiction in Data Center Electricity Forecasts: A Guide for RegulatorsKoomey Analytics et GridLab · 23 mars 2026
  5. 52025/2026 Base Residual Auction ReportPJM Interconnection · 30 juillet 2024
  6. 62028/2029 Base Residual Auction ReportPJM Interconnection · 14 juillet 2026
  7. 7Market Monitoring Report — présentation au comité des membres de PJMMonitoring Analytics (moniteur indépendant du marché de PJM) · 22 janvier 2026
  8. 8Order Accepting Reliability Backstop Procurement and Establishing Further Procedures, 196 FERC ¶ 61,245 (dossiers ER26-3380-000 et EL26-108-000)Federal Energy Regulatory Commission (FERC) · 29 septembre 2026
  9. 92026 PJM Load Forecast ReportPJM Interconnection · 14 janvier 2026
  10. 10Power Demand Forecasts Revised Up for Third Year Running, Led by Data CentersGrid Strategies · 1 novembre 2025
  11. 11Servers account for 60% of the total cost of ownership of a one-gigawatt AI data center (Amelia Michael et Ben Cottier)Epoch AI · 14 mai 2026
  12. 12Commission d'enquête sur les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique — compte rendu n° 42 (audition d'Arthur Mensch, Mistral AI)Assemblée nationale · 12 mai 2026
  13. 13Electricity 2026 — Executive summary (graphiques « Global electricity total demand growth by sector and end-use, 2015-2030 » et « Global electricity demand total growth by region, 2015-2030 »)Agence internationale de l'énergie (AIE) · 6 février 2026
  14. 14Electricity demand growth by sector and end-use in the United States, 2015-2030Agence internationale de l'énergie (AIE) · 6 février 2026
  15. 15Electricity demand growth by sector and end-use in the European Union, 2015-2030Agence internationale de l'énergie (AIE) · 6 février 2026
  16. 16World Energy Balances, consommation finale d'électricité par secteur (ElecConsBySector), monde, 2024Agence internationale de l'énergie (AIE) · 28 septembre 2026
  17. 17World Energy Balances, consommation finale d'électricité par secteur (ElecConsBySector), États-Unis, 2024Agence internationale de l'énergie (AIE) · 28 septembre 2026
  18. 18World Energy Balances, consommation finale d'électricité par secteur (ElecConsBySector), Union européenne, 2024Agence internationale de l'énergie (AIE) · 28 septembre 2026
  19. 19Google and Constellation Announce Landmark Agreement to Bring 890 MW of New Nuclear Capacity to PJM Grid as Part of Long-Term Power DealConstellation Energy · 6 octobre 2026
  20. 20Constellation and Amazon Announce 20-Year Power Purchase Agreement Adding 190 Megawatts of Nuclear Capacity at Calvert CliffsConstellation Energy · 30 septembre 2026
  21. 21Présentation des résultats du deuxième trimestre 2026, 8-K exhibit 99.2Constellation Energy · 6 août 2026
  22. 22Vistra Reports Second Quarter 2026 Results, 8-K exhibit 99.1Vistra · 7 août 2026
  23. 238-K (item 7.01) du 9 janvier 2026, contrats d'achat d'électricité avec MetaVistra · 9 janvier 2026
  24. 24Executing Our Strategy – Validating The Thesis On Power & Data Intersection, 8-K exhibit 99.2Talen Energy · 11 juin 2025
  25. 25Form 10-K, exercice 2025NextEra Energy et Florida Power & Light · 13 février 2026
  26. 26Full Year results for the period ended 31 March 2026 (RNS 2406E)National Grid · 14 mai 2026
  27. 277 for 24 fully underwritten Rights Issue to raise c.£7 billion (Rule 135c notification), 6-K exhibit 99.1National Grid · 23 mai 2024
  28. 28Resultados FY 2025 (rapport de résultats de l'exercice 2025, déposé à la CNMV)Iberdrola · 25 février 2026
  29. 29Annual Integrated Report 2025 (date de publication reprise d'un calendrier financier tiers, à confirmer)Elia Group · 17 avril 2026
  30. 30RIIO-3 Final Determinations Overview DocumentOfgem · 4 décembre 2025
  31. 31RIIO-3 Final Determinations Finance Annex (OFG1164)Ofgem · 4 décembre 2025
  32. 32Form 10-12B/A, exhibit 99.1 (document d'information de la scission)GE Vernova · 5 mars 2024
  33. 33Form 10-K, exercice clos le 31 décembre 2024GE Vernova · 6 février 2025
  34. 34Form 10-K, exercice clos le 31 décembre 2025GE Vernova · 29 janvier 2026
  35. 35Communiqué de résultats du 2e trimestre 2026 (exhibit 99 du 8-K)GE Vernova · 22 juillet 2026
  36. 36Form 10-Q du 2e trimestre 2026GE Vernova · 22 juillet 2026
  37. 37Transcription officielle, 2Q 2026 Results & OutlookGE Vernova · 22 juillet 2026
  38. 38Executive Board presents plans for strategic evolution - Siemens Energy aims for greater transparency in the capital marketSiemens Energy · 24 mai 2022
  39. 39Earnings Release Q4 FY 2023 (exercice clos le 30 septembre 2023)Siemens Energy · 15 novembre 2023
  40. 40Earnings Release Q4 FY 2025 (exercice clos le 30 septembre 2025)Siemens Energy · 13 novembre 2025
  41. 41Earnings Release Q3 FY 2026 (1er avril au 30 juin 2026)Siemens Energy · 5 août 2026
  42. 42Capital Market Day 2025, présentation Gas Services (Karim Amin)Siemens Energy · 20 novembre 2025
  43. 43Capital Market Day 2025, présentation Grid Technologies (Tim Holt)Siemens Energy · 20 novembre 2025
  44. 44FY2021 Financial Results (exercice clos le 31 mars 2022)Mitsubishi Heavy Industries · 12 mai 2022
  45. 45FY2022 Financial Results (exercice clos le 31 mars 2023)Mitsubishi Heavy Industries · 10 mai 2023
  46. 46FY2023 Financial Results (exercice clos le 31 mars 2024)Mitsubishi Heavy Industries · 8 mai 2024
  47. 47FY2025 Financial Results (exercice clos le 31 mars 2026)Mitsubishi Heavy Industries · 12 mai 2026
  48. 48Q1 FY2026 Financial Results (avril-juin 2026)Mitsubishi Heavy Industries · 4 août 2026
  49. 49Q&A Summary, FY2025 Financial Results BriefingMitsubishi Heavy Industries · 12 mai 2026
  50. 50Form 10-K405, exercice 2001General Electric · 8 mars 2002
  51. 51Form 10-K, exercice 2002General Electric · 7 mars 2003
  52. 52Rapport annuel 2003 (exhibit 13 du Form 10-K)General Electric · 1 mars 2004
  53. 53Form 10-K, exercice 2018General Electric · 26 février 2019
  54. 54Rapport de gestion et états financiers du 2e trimestre 2026 (clos le 30 juin 2026)Cameco · 31 juillet 2026
  55. 55Operating and Financial Review, six months ended 30 June 2026Kazatomprom · 21 août 2026
  56. 56Outline of Consolidated Financial Results for the Year Ended March 31, 2026 [Fiscal 2025]Hitachi · 27 avril 2026
  57. 57Financial Performance and Growth Outlook (journée investisseurs, Ismo Haka, directeur financier)Hitachi Energy · 30 octobre 2025
  58. 58Communiqué des résultats de l'exercice 2025 (dépôt réglementé)Prysmian · 26 février 2026
  59. 59Results as of 30 June 2026 (dépôt réglementé)Prysmian · 30 juillet 2026
  60. 60Full-year 2025 earnings (communiqué)Nexans · 19 février 2026
  61. 612026 Half-year results (communiqué)Nexans · 29 juillet 2026
  62. 62Form 10-Q for the quarterly period ended June 30, 2026Vertiv · 29 juillet 2026
  63. 63Document d'enregistrement universel 2025Schneider Electric · 27 mars 2026
  64. 64Full Year 2025 Results (communiqué, dépôt AMF, version anglaise)Schneider Electric · 26 février 2026
  65. 65Communiqué des résultats du T4 et de l'exercice 2025 (8-K, exhibit 99)Eaton · 3 février 2026
  66. 66Eaton Reports Record First Quarter 2026 Results… and Raises 2026 Organic Growth Guidance (8-K, exhibit 99)Eaton · 5 mai 2026
  67. 67Eaton Reports Record Second Quarter 2026 Results… and Raises Organic Growth Guidance (8-K, exhibit 99)Eaton · 31 juillet 2026
  68. 68Carrier Reports Second Quarter 2026 ResultsCarrier Global · 28 juillet 2026
  69. 692026 Q2 Earnings (Earnings Release Webcast)Carrier Global · 28 juillet 2026
  70. 70Brief Report on the Settlement of Accounts (Consolidated) for the Business Year Ended March 31, 2022 (J-GAAP)Daikin Industries · 10 mai 2022
  71. 71Brief Report on the Settlement of Accounts (Consolidated) for the Business Year Ended March 31, 2023 (J-GAAP)Daikin Industries · 9 mai 2023
  72. 72Brief Report on the Settlement of Accounts (Consolidated) for the Business Year Ended March 31, 2024 (J-GAAP)Daikin Industries · 9 mai 2024
  73. 73Brief Report on the Settlement of Accounts (Consolidated) for the Business Year Ended March 31, 2025 (J-GAAP)Daikin Industries · 8 mai 2025
  74. 74Brief Report on the Settlement of Accounts (Consolidated) for the Business Year Ended March 31, 2026 (J-GAAP)Daikin Industries · 12 mai 2026
  75. 75Strategic Management Plan FUSION 30Daikin Industries · 12 mai 2026
  76. 76Form 10-K, fiscal year ended January 31, 2024ChargePoint Holdings · 1 avril 2024
  77. 77Form 10-K, fiscal year ended January 31, 2026ChargePoint Holdings · 2 avril 2026
  78. 78ChargePoint second quarter fiscal year 2027 results (exhibit 99.1 du 8-K)ChargePoint Holdings · 2 septembre 2026
  79. 79Form 10-K, fiscal year ended December 31, 2021Tesla · 7 février 2022
  80. 80Form 10-K, fiscal year ended December 31, 2025Tesla · 29 janvier 2026
  81. 81Form 10-Q, quarter ended June 30, 2026Tesla · 23 juillet 2026
  82. 82Fluence Energy, Inc. Reports Third Fiscal Quarter 2026 Results (exhibit 99.1 du 8-K)Fluence Energy · 5 août 2026
  83. 83Key Questions on Energy and AI — Executive summaryAgence internationale de l'énergie (AIE) · 16 avril 2026
  84. 842026 Q2 Earnings CallAlphabet Inc. · 22 juillet 2026
  85. 85Amazon.com Q2 2026 Earnings Conference Call (webcast)Amazon.com, Inc. · 30 juillet 2026
  86. 86Microsoft Fiscal Year 2026 Fourth Quarter Earnings Conference CallMicrosoft Corporation · 29 juillet 2026
  87. 87FY2024 Financial Results (exercice clos le 31 mars 2025)Mitsubishi Heavy Industries · 9 mai 2025
  88. 88Comptes annuels individuels 2025 d'Iberdrola, S.A. (traduction anglaise, audit KPMG du 27 février 2026, déposés à la CNMV)Iberdrola · 27 février 2026
  89. 89PJM Auction Procures 134,311 MW of Generation Resources; Supply Responds to Price Signal (communiqué)PJM Interconnection · 22 juillet 2025
  90. 90PJM Auction Procures 134,479 MW of Generation Resources (communiqué)PJM Interconnection · 17 décembre 2025
  91. 91PJM Capacity Auction Procures 138,318 MW of Generation Resources as Work Continues To Address Growing Electricity Demand (communiqué)PJM Interconnection · 14 juillet 2026

L'histoire derrière les chiffres, dans votre boîte mail.

Chaque nouvel article vous est envoyé par courriel.

Vous recevez d'abord un courriel de confirmation. Une seule adresse, aucun autre champ.

Votre adresse sert à vous envoyer les articles Tekmeo et, à l'occasion, les nouveautés et offres de l'application. Ni vendue, ni cédée ; désinscription en deux clics. Pour le détail des traitements et vos droits : politique de confidentialité